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Dominique VERIEN

Maire de Saint-Sauveur-en-Puisaye et conseillère régionale de Bourgogne Franche Comté

La parité

Gérard Delorme, dans son blog, faisait remarquer que peu de femmes avaient eu accès à la vie politique lors des dernières élections et, quand cela s'est fait, c'était au niveau des communes et non au niveau du conseil général (4 femmes sur 42, c'est vrai que le score n'est pas brillant).
C'est en fait un bon signe, même s'il n'est pas suffisant.
Je suis, et ceux qui me connaissent savent que cela me tien à coeur, pour la loi.
En effet, il n'y a encore qu'une cinquantaine d'années de cela, il n'y avait quasiment pas de femmes en politique et l'immense majorité des élus étaient des hommes. Pour que la parité s'appliquent, il faut que des hommes laissent leur place. Or comment expliquer à quelqu'un qui fait bien son travail d'élu qu'il n'a pas le bon sexe et qu'il doit donc s'effacer devant une femme qui, le plus souvent n'a pas d'expérience (et pour cause!). Jamais cela ne pourra se faire sur la base du volontariat, voilà pourquoi je suis pour une loi.
Je pense aussi que les partis pourraient faire des efforts. En effet, il n'est pas nécessaire de vouloir faire joli en mettant de nombreuses candidatures de femmes, surtout dans des endroits où elles n'ont aucune chance de gagner, car ccela ne changera en rien les statistiques finales. Cela dit, dans l'Yonne, les partis n'ont même pas essayé de faire semblant (je crois que j'étais la seule femme candidate titulaire au conseil général à avoir l'investiture UMP!)
Il faudrait donc que les partis présentent essentiellement des femmes dans les cantons ou les circonscriptions où le sortant ne se représente pas. Cela dit, si les partis acceptaient de faire cela, on ne verrait que des femmes au moment du remplacement d'un élu et cela pourrait faire étrange dans le paysage politique ... mais cela s'atténuerait ensuite lorque la parité serait obtenue.
Toujours dans son papier, Gérard Delorme épingle le cumul de mandats. Il est vrai que s'il y avait moins de cumul, il y aurait plus de places et donc des places pour les femmes. Mais là encore, ce n'est pas si simple. Etre maire dans une commune de moins de 1 000 habitants (soit l'ensemble des communes du canton de Saint Sauveur par exemple), ce n'est pas une situation viable en tant que tel à moins d'être retraité et d'avoir un revenu complémentaire. Or cela prend beaucoup de temps car plus la commune est petite, moins il y a de personnel pour gérer les problèmes de la vie courante. Si le maire en question veut être très présent, il faut qu'il complète son revenu et continuer à travailler pour la collectivité est un bon moyen de faire d'une pierre deux coups. Ne pas permettre le cumul obligerait à repenser la rémunération des élus ... en période de disette publique, ce n'est pas simple. Et cela vaut pour les hommes comme pour les femmes.
Ensuite, pour accéder à la vie politique, il faut aujourd'hui, savoir se rendre très disponible. Il y a beaucoup de réunions, la plupart le soir. Une femme recule peut-être davantage qu'un homme devant le fait de laisser sa famille plusieurs soirs par semaine.
Enfin, il y a les électeurs. Dans nos petites communes, le panachage n'a pas été toujours très féministe. En effet, à Saint Sauveur il y avait la parité sur les deux listes qui se présentaient. Aucune des femmes candidates n'étaient des "potiches" mises là pour la parité, d'autant que nous n'avions pas obligation d'être paritaires, or le résultat sorti des urnes a donné 1/3 de femmes élues seulement ...
Tout cela pour dire qu'il y a encore beaucoup de travail à faire et que c'est une réforme complète qu'il faudrait imaginer si l'on veut mieux renouveler la classe politique.
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